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mercredi 6 juillet 2011

Et si l'Africain relevait sa tête?

Il est très certain d’oser valider l’opinion selon laquelle, la politique en Afrique est précaire. C’est dire qu’elle manque de consistance morale, voire éthique. Car, dans nos différents pays, la corruption bat son plein. L’exercice de la politique est devenu un lieu d’enrichissement, d’assassinat, de vole, des conflits fratricides, d’empiétement des droits de l’homme, etc. Et non un exercice de la démocratie pour gouverner la polis. Et pourtant, le grand défi qui devrait nous animer est celui consistant à politiser l’Afrique. C’est-à-dire chercher à rendre les acteurs politiques conscients de la responsabilité qui leur incombe pour l’édification d’un monde meilleur où les droits règnent, et où la démocratie devient une réalité politique pouvant aider conduire au développement durable et souhaité. Nous ne pouvons pas penser à instaurer une ère nouvelle en Afrique avec des dictateurs. Le manque d’alternance politique dans l’exercice du pouvoir conduit à des sérieuses crises politiques qui conduisent souvent à des foyers des tensions, souvent financés par l’occident sur base des intérêts malsains. Les politiciens africains sont des ventriloques. C’est ainsi qu’une fois au pouvoir, ils cherchent leurs propres intérêts et non ceux du peuple. De cette considération, comment développer un pays sans avoir une volonté politique de la chose de l’État ? Comment instaurer la démocratie au moment où chaque partie au pouvoir s’adonne à des révisions inappropriées des constitutions des pays ? Comment penser l’avenir  politique d’un État, voire la chose publique si son indépendance totale n’est pas encore acquise ? Oui, nous sommes encore sur la case de départ. Car la tentation est de dire que 50 ans après les indépendances égale à 50 ans avant les indépendances. Nos dirigeants n’ont pas fait preuve de démocratie, des libertés politiques, de courage politique, d’engagement social, etc. Nous dépendons encore et toujours de l’occident. Nous n’arrivons pas à prendre en main notre destinée. Les financements de nos élections proviennent de l’occident. La remise des nos dettes ne peuvent être accordée que par l’occident. Nous sommes des pays en voie de développement. Et pourtant, la sagesse stipule que la main qui donne est celle qui dirige. Nos dirigeants africains sont dictés par l’occident dans leur gestion de la polis. Pas d’autonomie du point de vue économique. La scolarisation est devenue un problème. Sinon un sujet tabou ou simplement machiavélique. Les gens ne vivent pas pour longtemps car les instances sanitaires et des infrastructures routières sont presque quasi-inexistantes. Comment penser alors le développement dans ces contextes ?
C’est dans cette perspective que j’approuve et valide ces mutilations et vagues démocratiques à travers l’Afrique. Et je tiens à encourager vivement mes frères et sœurs africains à pouvoir durcir davantage le ton afin de pourvoir à notre destinée sur le sol de nos ancêtres. Car, c’est cela notre réaction au comportement barbare de nos chefs coutumiers et assoiffés du pouvoir qui se font passer pour présidents. Chers (es) africains (es), que cette présente réflexion vous interpelle une fois de plus, et qu’elle vous fasse comprendre ce dont nous devons faire pour installer effectivement la « démocratie » dans nos pays ; et que nous arrivions à un esprit mature de la gestion de la « res publica », en respectant la place que chaque citoyen doit occuper et ce dont il doit se vouer pour bâtir une société démocratiquement épanouie.

mardi 3 mai 2011

Les MEDIAS congolais : Complices du pouvoir ?

« Les médias du 21ème siècle : Nouvelles frontières», tel est le thème de l’édition 2011 de la Journée mondiale de la liberté de la presse, que le monde célèbre en ce jour, 3 mai 2011. Cela marque le 20è anniversaire de la Déclaration de Windhoek sur la promotion des médias indépendants et pluralistes. En effet, depuis des décennies, les médias ont été un recours des citoyens contre les abus des pouvoirs. Ce faisant, les journalistes et la presse se donnaient rôle et devoir de dénoncer ces violations des droits, même si cela leur coûterait du sang, d’atteintes, d’assassinats, des menaces de mort, d’enlèvements, etc. Cette attitude de contraindre tout dérapage des valeurs démocratiques a valu aux médias l’identité de « quatrième pouvoir ». Ainsi, celui-ci trouve sa pleine inspiration dans l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme et dans la charte Africaine des droits de l’homme en son article 9. C’est par là que notre idéal se revêt du sens. De cette façon, le « Quatrième pouvoir » des médias, soutenu par les libertés fondamentales à laquelle la RD Congo, en tant qu’un pays démocratique, a ratifié, se révèle familier à la médiacratie.  Que constate-t-on sur la liberté de la presse en RD Congo ?
Notre constat est de voir que de tout temps, la problématique de la liberté de la presse se pose avec finesse tant en RD Congo qu’à travers le monde. Cette liberté de la presse est certes le secret de la liberté, disait  Peter Molnár. C'est dire que seuls les pays où cette liberté est assurée peuvent fonctionner démocratiquement. Le terme « Liberté » renseigne en effet absence de toutes formes de contrainte. Avec le Professeur NGWESYA, nous pouvons distinguer trois types de libertés à savoir : liberté physique, elle est la première qui stipule l’absence de contrainte physique. Le second type est liberté morale, celle-ci infuse l’absence de contrainte morale, l’absence des lois ou des obligations. Cette liberté confère aux peuples la manie verbale pour critiquer librement le gouvernement. La liberté psychologique quant à elle, traduit l’absence de contrainte psychologique. Autrement dit, « liberté de choix ». Cependant, ces trois types de libertés ne sont acquis qu’avec une presse libre, puisqu’elle est un pouvoir fort. Certains régimes dictatoriaux ont vacillé de leur socle et/ou ont perdu leur crédibilité suite à l'apparition d'une presse libre et critique. Arme à double tranchant, elle n'est pas à l'abri des manœuvres politiciennes ni des manipulations partisanes pleines de conséquences néfastes pour la paix et le progrès de la démocratie. La Tunisie, l’Egypte, la Lybie nous servent de tremplin. Hélas, les pouvoirs en place continuent à inquiéter les professionnels des médias, procédant par des arrestations ou détentions arbitraires et assassinats. À quand la fin de l’hégémonie politique sur les médias ?

De la situation de la liberté de la presse en RD Congo

La liberté des médias en RD Congo n’est qu’un horizon volant. En effet, la décision prise en 1992 par les Ministres de l’Information des pays de l’OUA de promouvoir le rôle des médias dans le processus de démocratisation en Afrique a été réitérée par les Etats-membres de la convention de Lomé réunis à Mbabane, Swaziland, en 1994. L’accent a été mis sur la démocratisation, le respect des droits de l’Homme et l’amélioration du dialogue politique entre les Etats-membres de la Convention de Lomé. Curieusement, les médias continuent à être confrontés aux ambitions dominatrices et manipulatrices des pouvoirs. Car ils reconnaissent en ceux-ci le statut de force sociale, capable de mobiliser les rues, de légitimer un régime. Ainsi, ces politiques brûlent toujours du désir de domestiquer les médias. À ce point de vue, le Reporters sans frontières (RSF) estiment que : « Le constat est que nombre de chaînes ont quitté la sphère de l’information pour entrer dans celle de la pure propagande au service d’un parti ou d’un candidat.» Ceci prouve à suffisance que les médias ont été effectivement au banc des accusés. Au tant dire encore qu’ils se sont livrés en quête d’une survie dépendant des mamelles politiques. Il est impérieux de noter que la liberté des médias suscite davantage inquiétude et illusion, puisque les journalistes font preuve d’un déséquilibre social et restent corruptibles. D’où ils ont perdu leur dignité. Eu égard aux susmentionnés, l’organisation non gouvernementale, Journaliste en Danger (JED) devrait continuer à jouer son rôle de défendre l’exercice de la liberté de la presse contre les méandres politiques et de ce fait, veiller au respect de devoirs éthiques et déontologiques journalistiques régissant ce métier, surtout à l’approche des élections prochaines. Osons-nous encore réitérer le fait que la sphère médiatique congolaise n’ait été libre. Elle n’a pu qu’enregistrer des cas d’arrestations arbitraires et des meurtres ; le cas du meurtre d’un éminent  activiste des droits de l’homme, Floribert CHEBEYA, Directeur exécutif de la Voix des sans Voix (VSV), est parlant.

Quelques perspectives d’avenir

La liberté d’information et de communication est au cœur du pouvoir reconnu aux médias de masse. Certes, dans un pays en plein émergence démocratique comme la RD Congo, il est rationnel que nous puissions nous mettre à l’apprentissage de la médiacratie. Celle-ci aidera le peuple congolais à chanter le refrain démocratique à la manière des rues maghrébines. Cela grâce aux réseaux sociaux. La démocratie s’entend, ici, comme la capacité du pouvoir à respecter et à honorer les engagements assignés avec le peuple, lors de la campagne. Cela implique le contrôle régulier du pouvoir par le peuple. À cet avis, l’adoption d’une loi sur l’accès des journalistes aux différentes sources d’informations politiques officielles est d’urgence. La médiacratie viendrait de ce fait, redonner sens à la démocratie. Ainsi, elle renforce le pouvoir de l’opinion publique par les médias. Ces derniers doivent servir d’Agora pour des échanges entre les populations et les politiques. A la lumière de la médiacratie et de la globalisation, les médias devront émerger davantage dans cette dynamique, conformément au rêve de Macluhan dans sa prophétie du « Village planétaire ». A ce titre, NZINGA MAKITU estime que «  Le quatrième pouvoir des médias est concrètement celui dont disposeraient les citoyens pour critiquer, repousser, contrecarrer démocratiquement des décisions illégales pouvant être uniques, injustes et même criminelles contre les personnes innocentes. Il est souvent la voix de sans voix ». C’est dans la pratique de médiacratie que le métier du journalisme s’exercera de manière libre et impartiale sur tous les plans : politique, économique, religieux, etc. Que la pratique du phénomène dit « Coupage » cesse. Et que les patrons de différents médias humanisent le travail des Journalistes. Puisse les médias publiques (RTNC, ACP) sortir de l’emprise du pouvoir en place pour être au service du peuple.      Somme toute, nous proposons une relecture sur la liberté des médias à la lumière de la mondialisation. En effet, pour la réussite de la démocratie en RDC, il sied de promouvoir la médiacratie c'est-à-dire une presse libre, impartiale, capable de dénoncer et de rendre compte des affaires des pouvoirs, tout en cheminant ensemble avec eux. Une presse à même d’assumer l’identité et la culture du « Quatrième pouvoir » ; celle qui soit mise à la portée des peuples. La liberté des médias en RDC loge dans le « non dit du discours » aux médias. Tant que la peur s’installe dans le chef des journalistes, cette liberté restera toujours étouffée. Malgré les efforts consentis jusqu’ici, le discours médiatique garde son « statut quo » et reste incomplet et vide. Cette liberté ne sera complètement acquise que lorsque ce « non dit du discours » sera saisi et connu des professionnels des médias. Et ce « non dit du discours » c’est Dieu. Certes, les médias seront libres lorsque leurs acteurs parviendront à exercer ce noble métier sous l’impulsion divine. Imbibés et animés par cet esprit, ces acteurs sauront unifier leur volonté et la liberté. Ainsi, les médias sauront se défaire de l’hégémonie politique qui les a longtemps assiégés.
                                                                                                                  

vendredi 18 mars 2011

VISAGE COMMUCATIONNEL, ENJEU DEMOCRATIQUE: Prise de parole en public, panique ou pari gagné ?

VISAGE COMMUCATIONNEL, ENJEU DEMOCRATIQUE: Prise de parole en public, panique ou pari gagné ?

VISAGE COMMUCATIONNEL, ENJEU DEMOCRATIQUE: Quand le « pourboire » cause les tracasseries routières en RDC ? Par Augustin KASITA

VISAGE COMMUCATIONNEL, ENJEU DEMOCRATIQUE: Quand le « pourboire » cause les tracasseries routières en RDC ? Par Augustin KASITA

Prise de parole en public, panique ou pari gagné ?

Augustin KASITA

On ne le dira jamais assez, dès origines, l’homme fut le seul être rationnel. Cette faculté de la raison trouve sa matérialité dans la parole.  Déjà à l’époque présocratique, l’éveil à la conscience de la parole amena les penseurs à l’utiliser à la fois comme art et outil du savoir naturel. De Socrate à nos jours, la parole est davantage la manifestation de la raison. Elle sert d’outil rationnel pour l’autodéfense, la connaissance et l’expérience à ceux qui la possèdent. Dans l’agora athénienne comme dans la palabre africaine, par exemple, ne pouvaient parler en public ou débattre autour d’une problématique que ceux qui en étaient initiés. Autrement dit, la dialectique  et l’éloquence furent une affaire des écoles d’initiation. Aujourd’hui plus qu’hier, la parole devient plus rigoureuse, plus exigeante et plus nécessaire pour une avancée mondiale. Ainsi, quiconque veut s’y engager publiquement devrait se former et s’informer, s’outiller et s’évaluer. Car, communiquer est désormais échange, rétroaction,  c’est mettre à la portée de l’autre un contenu et contenant à la fois bons et efficients. C’est dire qu’au-delà du message à livrer, dans ce cas précis, présentation physique, la gestuelle et le matériel utilisé concourent au but. Pourquoi doit-on avoir peur lors d’un discours, improvisé ou préparé, en public ? Quelle est la prise de parole que vous craignez le plus ? Dans quelles circonstances a-t-on le plus à prendre la parole à l'improviste ? Que faut-il faire pour en être à l’abri ? Cependant, notre souci dans cette présente réflexion est celui de livrer à nos fidèles lectrices et lecteurs, leaders et élites de demain, quelques secrets et techniques pouvant les aider à bien réussir avec succès et performance aux discours  et débats, préparés ou improvisés, qu’ils ont auront à tenir dans des domaines multiples.

Parole à l’improviste

D’aucuns n’oseraient s’opposer à ce que la prise de parole à l'improviste soit celle que la majorité des gens craint le plus. C'est-à-dire quand vous devez répondre à des questions devant une foule importante des personnes, lorsque vous aimerez donner votre point de vue, quand on vous passe la parole sans vous prévenir à la fin d'un repas ou encore quand on vous demande votre avis dans une réunion, un conseil ou une assemblée. En réalité, vous prenez la parole à l'improviste au quotidien. Au cours d'entretiens ou de conversations, vous avez à chaque instant à trouver quoi dire, quoi répondre, bref, à improviser. Certes, débattre est une lutte d’idées et l'art de la conversation inopinée est une merveilleuse école. On peut pratiquer cet art beaucoup plus souvent que celui de la parole en public, et il donne de bons réflexes. En effet, il est important que vous commenciez déjà à vous entraîner à l’exercice de l’improvisation, dès la famille. C'est-à-dire lors d’une réunion de famille ou entre amis, par exemple, choisissez un sujet au hasard et parlez dessus à tour de rôle pendant une ou deux minutes, de manière improvisée. Chemin faisant, vous aurez acquis un élan réparti et vivace d’esprit. Ensuite, élargissez cet élan à l’école comme à l’université avec des exposés et d’autres activités culturelles (théâtre, ciné-forum, poèmes, …).

Secrets pour un démarrage facile

La peur écrase du fait que l’on soit pris de court. Elle peut facilement vous ébranler, si vous n’y prenez garde. C’est le départ et les yeux des plus un participant sont rivés sur vous pendant que vous n'avez pas eu le temps de réunir et ordonner vos idées. La première des choses à faire, certes, c’est de prendre du temps pour démarrer. Contrairement à votre auditoire, Chaque seconde vous paraîtra un siècle, et vous donnera beaucoup de temps pour penser. Un silence de départ est une bonne prise de contact. Vous devez ensuite respirez. Cette respiration vous inspire et vous met au parfum de vos pensées. Mais évitez les abstractions. C'est-à-dire commencer par donner votre avis. Cela peut vous amener dans des idées dénuées et abstraites. Partez plutôt du concret avec vos connaissances. Nous vous invitons également à réfléchir à la suite votre intervention et, à faire participer rapidement l’auditoire, s’il est possible. C’est en effet le meilleur moment pour le faire et un excellent moyen pour gagner du temps, à la fois.


Vous n’avez rien à dire ?

Il est vrai que lorsque l’on vient à manquer quoi dire dans pareilles occasions, un vide se crée dans l’esprit, un suspens s’observe dans l’auditoire. Tout le monde attend de vous, un mot. Dans cette optique, les expériences antérieures recommandent de décrire ce que l’on ressent à cet instant même. Par exemple, on peut s’adresser à l’auditoire en ces mots : « Bonjour... quand on m’a accordé la parole, j’ai senti mon cœur battre plus vite que d'habitude. Ma respiration s’arrêter, mes mains légèrement moites, et je sens le poids de vos regards sur moi. C'est à la fois une chaleur, et comme une vibration qui vient de vous à moi et vice versa,… ». Cette technique est très utile, surtout dans des situations où l'on « ne sait pas quoi dire ». Ainsi, le blocage est dépassé, les idées reviennent, et l'on peut continuer. N'ayez pas peur de vos émotions et de vos sensations, les exprimer mettra l'auditoire de votre côté, mais à condition, de ne pas en exagérer. Une autre solution, si vous n’avez quoi dire, est celle de ne rien dire. Concentrez-vous sur le regard de l'autre, respirez tranquillement et appréciez le moment qui passe...
Lorsque vous vous ressaisissez, et que l’on vous pose une question inattendue, gardez votre calme et cherchez à bien la comprendre. Car, la compréhension d’une question est l’arsenal de la réponse ; ou encore, si vous n’avez pas bien saisi la question, exprimez-vous. Alors, votre interlocuteur fera de lui-même un effort afin d’expliciter davantage sa question. Et il vous sera bien plus facile à répondre.
Pour ne pas taper à côté de la réponse, rassurez-vous en reformulant la question. Honorer votre interlocuteur. Cela, en l’épargnant des formules choquantes lorsque vous répondez à sa question. Par exemple : « Vous n’avez rien compris ! ». Dites plutôt : « Je vous comprends ! ». Tenez, en répondant, employez plus des images et des exemples, des anecdotes. C’est ce qui marque le plus l’auditoire. Dès lors que vous aurez fini de parler, vérifiez que vous avez bien répondu.

Quelques conseils et pistes pratiques

Reconnaître son erreur ou sa béance est une des véritables sociales ou scientifiques. D’où, n’ayez jamais peur d’avouer votre ignorance. Cela est mieux que d’indisposer votre auditoire. Ainsi, préférez toujours la vérité aux spéculations stériles et mensongères. Si la question est trop longue à votre goût, n’hésitez pas à la fractionner en plusieurs questions. Ne parlez pas plus fort qu’un contradicteur. Utilisez les autres participants pour l’amener à la compréhension. Soyez concis et précis et prenez le temps de bien respirer. Cela favorise l’inspiration, et vous permet de réfléchir calmement à votre réponse.
Par ailleurs, améliorer vos conversations il faudrait développer l’écoute, l'empathie, l'enthousiasme, un maximum de mots d'or, la sincérité, l'attitude physique et le contact oculaire. De plus, étudiez les personnes avec qui vous conversez, trouvez ce qui les intéresse, est la procédure sûre. En outre, après votre conversation, faites un bilan en répondant à ces questions : De quoi êtes-vous satisfait ?
En quoi pouvez-vous vous améliorer ? Enfin, si vous vous découvrez des failles, tablez dessus et fixez-vous des objectifs progressifs. Relisez de temps en temps ce paradigme afin de vous rafraîchir la mémoire.


Vient de paraître dans numéro d'Avril de la Revue l'Avenir


jeudi 3 mars 2011

Quand le « pourboire » cause les tracasseries routières en RDC ? Par Augustin KASITA


 
Il est un des maux qui rythment et déciment la RD Congo en général et Kinshasa en particulière avec fracas : les tracasseries routières. Cette tare met la circulation sur la voie publique en effervescence. Cette situation se fait tellement inquiétante qu’elle mérite une attention soutenue, mieux une analyse foncière. Cependant, le bras de fer qui met quotidiennement en péril la circulation en RD Congo oppose la police routière aux chauffeurs. Cet état des choses a imposé aux congolais, depuis un certain temps, un nouveau rythme de travail. La fameuse expression « Le temps c’est de l’argent » n’a plus de contenu, vidé de son sens en RD Congo. Conséquence, les policiers de roulage créent les lois à leur guise, il n’y a plus respect de l’heure aux rendez-vous, au service, etc. En effet, cette présente réflexion nous offre l’aubaine de nous mirer en creusant pour repérer ce qui meut et alimente ce phénomène qui, sans cesse croisse. Nous chercherons à savoir pourquoi ce bras de fer entre chauffeurs et police routière perdure-t-il ? Quel en est le mobile? Enfin, par étude descriptive dudit phénomène, nous allons proposer un remède à ce maux et poser le primat des quelques perspectives.

Il est généralement admis qu’un véritable développement d’une nation est consécutif à la capacité physique et intellectuelle nationale. Cela implique le travail de l’exploitation et de la transformation des richesses nationales du sol et du sous-sol, à bon escient. Il se trouve à cet effet que le progrès d’une nation soit plus intérieur qu’extérieur. Cette dimension intérieure est dite « autofinancement ». En effet, le concept d’autofinancement est le fait pour une personne morale ou physique de se financer elle même sans ressources extérieures. Il est un mode de financement interne à  une nation : ce sont les ressources financières issues des initiatives et des activités nationales (promotion des sites touristiques nationaux, création d’une main d’œuvre artisanale nationale, de mise sur pied d’une structure administrative fiscale compétente et honnête : impôts, taxes, assurances). Ainsi, pour appliquer et respecter la loi sur les taxes : assurance-véhicule, vignettes, les autorités de tutelle chargent le service de la police routière. Curieusement, le constat est alarmant. Certains de ces agents de la police routière font piètre figure. C'est-à-dire, ils créent des infractions fictives, lesquelles les poussent à brutaliser les chauffeurs et, en fin de compte, ils ont de quoi assurer la survie de leurs familles. Ainsi, sur la voie publique la taxe se transforme au pourboire et crée le bras de fer entre chauffeur et policier routier. Ce spectacle odieux devient de plus en plus préoccupant d’autan plus qu’il n’y a d’issue. Pourquoi cette tare prend elle autant d’ampleur ? Qu’est ce qui dynamise cette pratique illicite ? Le congolais assure-t-il un contenu aux taxes ? Quelle stratégie peut-on appliquer pour guérir ce maux ? Ces interrogations nous servent de tremplin en vue d’une analyse radicale du phénomène.
Réalités quotidiennes
Il est certainement connu de tous que le congolais est à la merci de son histoire. Depuis l’époque coloniale, la taxe a été toujours pour lui une peine à purger. Cependant, ce voile d’ignorance crée l’esprit parasitaire dans le chef du congolais. Cela se déverse dans toutes les institutions économiques, politiques et militaires, précisément dans la police de brigade routière. Il suffit de sortir sur la voie publique pour s’en convaincre. N’ayant été instruit sur la notion, l’agent de la police routière trouve dans la taxe, sa survie (pourboire). Ce type d’agent de police routière a trouvé sa source de revenu facile. Il sied d’affirmer qu’en dehors des travaux d’asphaltage des routes,  ces tracasseries routières sont causées par « Madesu ya bana » ou pourboire. C’est dire que ces agents ont préféré le « pourboire » au contrôle de codes de la route, d’assurance et vignette. Ce geste de « Madesu ya bana » se pose en effet à travers la salutation extorquée à la ruse. Les policiers de roulage ont su développer ce mécanisme codifié afin d’opérer avec les chauffeurs. À première vue, on croirait que ces policiers congolais sont d’autant gentils que tous.  Loin de contrôler et protéger les chauffeurs, ils organisent des embouteillages, inventent des infractions afin de se faire de l’argent. Avec cet argent, ils se tapent le luxe d’organiser des ristournes leur permettant d’assurer le quotidien à leurs familles respectives. Il est clair que c’est la crise qui meut cette pratique. Car, il n’est plus à prouver qu’en RD Congo le travailleur est étranger au produit de son travail. Finalement, les policiers routiers vivent des mamelles des chauffeurs. Lorsque ces derniers ne s’accordent pas, la brutalité prend le dessus. Conséquence, pertes en vies humaines, échecs à des rendez-vous, embouteillages, retard aux services, etc. Face à cet état des choses, un silence des cimetières s’étend. Personne n’ose le décrier. Même alors, personne n’accepte le changement. Les autorités de tutelle se taisent. Le Congo est-il encore un Etat de nature ? Il n’est pas exclu que ladite pratique puisse déboucher sur des relations d’intimité entre une dame policière et un chauffeur. Question de noyer les deux bouts du mois, à tord ou à raison. Le chauffeur de son côté ne parvient pas non plus à s’acquitter de ses taxes (assurance, sa vignette) parce qu’il les trouve étouffant.
Les pistes de solution
Le peuple congolais doit savoir que la plus grosse erreur à éviter est de penser que l'autofinancement n'a pas de coût et qu’on développera son pays à sa place. Chaque méthode de financement a un coût qui est proportionnel à son risque. C'est donc une diminution du risque de faillite qui est souvent lié à un endettement trop lourd. Pour notre cas, la police de roulage est là pour assurer le respect et l’application de la loi. Pour ce faire, les impôts et les taxes que nous propose l’administration fiscale congolaise relèvent de notre devoir civique. Nous avons tout intérêt à nous en acquitter. Il n’est pas trop tard pour bâtir notre pays beau qu’avant, grâce à ces taxes et de ce fait, cesser d’envier les infrastructures des pays occidentaux. Prenons conscience de cela et appliquons le afin d’assurer les biens communs.
Cependant, pour mettre fin à ce bras de fer entre police de roulage et chauffeurs, nos dirigeants doivent être vigilants. Nous les convions à mener une campagne de conscientisation sur cette cause. Ils doivent bien rémunérer les militaires, fonctionnaires. Ils doivent assurer le bien être social de la population. Leur vigilance consiste aussi dans le suivi des différentes initiatives internes relancées. Ladite vigilance sera plus active dans leur capacité à reproduire pour un début, les idées et réalisations d’ailleurs. Certes, une des véritables méthodes qu’ils auraient pu appliquer consiste en ce que toutes les taxes et tous les impôts soient incorporés soit dans les biens de consommation et de production soit dans le carburant. Que l’administration fiscale congolaise et toutes les entreprises - employées tant dans le domaine de carburant que dans celui de production et consommation - soient unanimes à signer un protocole d’accord. Celui-ci portera sur le pourcentage des taxes (vignettes, assurances, …) à incorporer soit dans le carburant, soit dans les biens de consommation. Ainsi, un chauffeur qui s’approvisionne en carburant paie automatiquement soit sa vignette, soit son assurance. De même, une personne qui se procure du pain s’acquitte également de son devoir civique (Impôt). De cette façon, les agents de la police de roulage n’auront ni à se caser devant comme derrière les chauffeurs ni non plus à les brutaliser. Il est important de préciser que l’exécution de cette méthode sera un prototype approprié pour le changement en RD Congo. Car, elle facilitera la tâche à la fois aux chauffeurs et à la police de roulage. Sa mise en application aura guéri ce maux. Certes, payer sa vignette, son assurance paraîtrait une obligation et, cela se ferait de façon spontanée. Enfin, nous aurons atteint un réel changement entendu au sens du passage de la puissance à la réalité.

mercredi 2 mars 2011

La Démocratie africaine, un héritage empoisonné ?

Auteur: Augustin Kasita

Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’en Afrique, la problématique de la démocratie se pose avec acuité et simultanément, avec elle, celle du mieux être national. Elle serait donc la voie de sortie du double questionnement de l'autoritarisme et de la crise économique. Ces deux questions d’actualité se posent aussi en termes de politique et d’économique. La Déclaration Universelle sur la Démocratie stipule que la démocratie est universellement reconnue comme un idéal et un but; elle est basée sur des valeurs communes partagées par les peuples du monde malgré leurs différences culturelles, politiques, sociales et économiques.
En effet, il est généralement admis que la démocratie est un mode de gouvernement où le peuple exerce la souveraineté. Elle est aussi « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Prise dans ce sens, la démocratie s’oppose à tout pouvoir qui n’est pas l’émanation du peuple.
Cependant, dans la véritable démocratie, le détenteur du pouvoir est le peuple appelé souverain primaire. Ce dernier ne pouvant exercer cette souveraineté, il délègue son pouvoir à un nombre restreint d'élus qui l'exercent à sa place. Ces élus sont désignés à travers des élections libres et transparentes. Ainsi, le pouvoir qu’ils exercent l’est au nom du peuple qui le leur a temporairement transféré et à qui ils doivent rendre compte. Fort dommage, le constat est amer. Nombre de ces pays africains font preuve d’une démocratie de façade, caricaturée. L'on fait certes parler les urnes mais les résultats ne sont pas toujours l'expression de la volonté souveraine du peuple mais plutôt de la puissance du prince. En conséquence, les dirigeants deviennent à vie et de moins en moins enclins à accepter le contrôle du peuple. La démocratie devenant alors le pouvoir du plus fort, par le plus fort et pour le plus fort. Peut-on parler démocratie dans une Afrique marquée par la diversité ethnique et tribale où les élections s’avèrent sociologiques ? Que faut-il faire devant cette impasse qui, davantage bloque la machine démocratique en Africaine ? Quelques leçons seront tirées à la volée des faits récents afin d’éclairer certains ombrages.

De la démocratie en Afrique
La démocratie comme forme de gouvernement est apparue au XIX e siècle en France, en Angleterre et aux États - Unis. Toutefois, au regard de l'histoire africaine, la quête démocratique remonte au matin de gésine de la colonisation. Elle a connu différentes solutions : le messianisme de l'aube coloniale constitua un appel tourné vers le passé. Dès la fin de la seconde guerre mondiale, naquirent le nationalisme et la décolonisation que les intellectuels africains ont menés pour conquérir les indépendances africaines. Ces pères de l’indépendance, en s'emparant des armes du colonisateur, avaient ainsi hérité ou reproduit le même modèle constitutionnel que la Métropole coloniale mais, cette fois-ci, privé de son esprit et de sa lettre. Cette appropriation malhabile a favorisé l'entrée de l'Afrique dans la période de l'autoritarisme sous ses différentes formes (monopartisme, coup d'État militaire, la présidence à vie, etc.) au nom de la création de l'Etat-nation, sacrifiant la démocratie véritable. C'est au détour de cet échec postcolonial que les mouvements réellement démocratiques et populaires naîtront dans la plupart des pays africains, à partir des mouvements sociaux (révolte d'étudiants, grèves des travailleurs, etc.), des revendications politiques et des conflits identitaires des minorités au sein des États modernes (rébellion armées, multipartisme, décentralisation, etc.). Ces contestations exigèrent une économie nationale saine et adaptée au système mondial en place, une bonne "gouvernance", de nouvelles institutions et le choix libre de leurs représentants. Ils réclamaient donc la participation de toutes les forces de la nation à la chose publique. Ces mouvements démocratiques avaient remis en question les régimes en place. Ainsi, rejetant le constitutionnalisme des "pères de la nation", ils réclamèrent dès le départ un État de droit et la démocratie. Par ce biais, ils avaient alors rejoint ceux d'autres parties du monde qui les avaient précédés sur le chemin de la démocratie.

Au-delà de la diversité : Éveil à la conscience démocratique
Il est de nos jours impossible de faire une analyse sur la démocratie africaine sans la placer dans le contexte international qui interfère directement sur le jeu politique national dans nos pays. Il suffit de voir le dynamisme et l’activisme des diplomates occidentaux dans nos pays à l’approche d’élections pour s’en convaincre. L’importance accordée par nos dirigeants à l’opinion internationale c’est à dire celle des « pays amis » qui assurent pratiquement la survie financière, est plus essentielle que l’opinion publique nationale plus facile à étouffer ou à manipuler. Par ailleurs, la principale difficulté vient de ce que nous sommes vraiment. Encore, une des difficultés majeures pour la réussite de la démocratie africaine est le processus historique par lequel les différents groupes ethniques africains ont a été obligés de constituer une nation et de vivre ensemble, indépendamment de leur propre volonté. Certes, dans une telle Afrique où le clivage ethnique et tribal est maître-mot et où il est plus facile à celui qui est au pouvoir de se faire un résultat qu'à celui qui veut y accéder d'avoir un résultat, le cas de la dernière élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire est louable. D’autant plus que le peuple Ivoirien a montré à la face du monde l’avancée démocratique du peuple africain. Il dépassé ainsi toutes ses limites ethniques et tribales. Ceci devra interpeller les dirigeants africains. Car, ils doivent parvenir à intégrer les principes et des règles du jeu de la démocratie. De ce fait, ils devront se débarrasser des illusions d’une élection sociologique d’une part,  d’autre part, qu’ils sachent honorer ce peuple souverain qui leur confère temporairement son pouvoir. Ainsi, ils seront prêts à assumer et accepter démocratiquement le verdict des urnes. Car honorer l’expression valable et représentative du peuple à travers l’élection démocratique et transparente, c’est cela faire preuve de démocratie. C’est dans ce sens que ces dirigeants africains sauront dire non à toute mainmise forcée de la communauté internationale. Par conséquent, ils s’entretiendront dans une relation d’égal à égal. À l’instar de la nation ivoirienne, les autres nations africaines préparant aux élections présidentielles en cette année 2011, notamment la République Démocratique du Congo, pourront se servir non du comportement incivique qu’affiche Laurent Gbagbo, alors Président sortant de la Côte d’Ivoire, mais du signal fort qu’a lancé le peuple Ivoirien. Lequel signal traduit l’unité et l’essor de l’Afrique. Nous invitons les dirigeants africains à plus de responsabilité pour le peuple. C’est dire qu’ils doivent redonner à ce peuple son visage de souveraineté. Nous leur demandons de marcher sur les traces de Nelson MANDELA, Julius NYERERE et de bien d’autres icônes africaines qui ont su lever la flamme de la démocratie en Afrique. Il est donc l’heure que les Africains puissent éviter le virus des guerres dites ethniques et d’autres intérêts égoïstes dont les tenants et les aboutissants restent encore hypothétiques. Ils doivent plutôt regarder vers une même et unique direction et converger vers un seul objectif.  À ce juste titre, la démocratie africaine ne sera plus un discours mais bien plus, un fait concret.

Ce que l’Africain doit intégrer
La véritable démocratie africaine efficace devrait commencer par admettre la multinationalité de chacun des cinquante-deux pays africains. Ce qui sous-entend une décentralisation du pouvoir au niveau de chacune de ces nationalités. Cela permettrait à chacun d’être dans une société politiquement gérée en conformité avec la culture et l’éducation. Ainsi, chaque citoyen aurait le sentiment d’être en sécurité sur son terroir.
Par ailleurs, le peuple de chaque nation devraient garder son pouvoir souverain de se choisir des leaders et de définir leurs missions. Les modalités de ce choix des leaders devraient être acceptables par tous. Ce peuple devrait également être doté des moyens nécessaires pour contrôler ses leaders et éventuellement les remplacer. Cependant, revisiter quasi toutes les frontières des pays africains, héritées de la colonisation, serait toujours souhaitable. Cela en vue d’une cohabitation solidaire entre africains.  
En un comme en mille, ces questions devraient être réglées, le plus tôt possible, pour que l’Afrique se mette sur la même trajectoire démocratique que les autres continents. Cet effort prendra probablement du temps. Mais, l’Afrique ne s’y échappera pas par mimétisme, par des fuites en avant ou par le mépris de ce qu’elle est avec ses limites et ses difficultés. Plutôt de se regarder au travers des yeux des autres pour s’accepter soi-même, les africains devront se regarder en face. Plutôt de comprendre ce qu’ils ne sont pas, les Africains devraient lessiver leurs linges sales à l’africaine. C’est seulement par cette voie que l’Afrique atteindra sa véritable démocratie, teintée des valeurs africaines.   

Cet article a été publié dans N°120 de la Revue l'Avenir (Février), aux Editions Médiaspaul/RDC