Rechercher sur Google

vendredi 18 mars 2011

Prise de parole en public, panique ou pari gagné ?

Augustin KASITA

On ne le dira jamais assez, dès origines, l’homme fut le seul être rationnel. Cette faculté de la raison trouve sa matérialité dans la parole.  Déjà à l’époque présocratique, l’éveil à la conscience de la parole amena les penseurs à l’utiliser à la fois comme art et outil du savoir naturel. De Socrate à nos jours, la parole est davantage la manifestation de la raison. Elle sert d’outil rationnel pour l’autodéfense, la connaissance et l’expérience à ceux qui la possèdent. Dans l’agora athénienne comme dans la palabre africaine, par exemple, ne pouvaient parler en public ou débattre autour d’une problématique que ceux qui en étaient initiés. Autrement dit, la dialectique  et l’éloquence furent une affaire des écoles d’initiation. Aujourd’hui plus qu’hier, la parole devient plus rigoureuse, plus exigeante et plus nécessaire pour une avancée mondiale. Ainsi, quiconque veut s’y engager publiquement devrait se former et s’informer, s’outiller et s’évaluer. Car, communiquer est désormais échange, rétroaction,  c’est mettre à la portée de l’autre un contenu et contenant à la fois bons et efficients. C’est dire qu’au-delà du message à livrer, dans ce cas précis, présentation physique, la gestuelle et le matériel utilisé concourent au but. Pourquoi doit-on avoir peur lors d’un discours, improvisé ou préparé, en public ? Quelle est la prise de parole que vous craignez le plus ? Dans quelles circonstances a-t-on le plus à prendre la parole à l'improviste ? Que faut-il faire pour en être à l’abri ? Cependant, notre souci dans cette présente réflexion est celui de livrer à nos fidèles lectrices et lecteurs, leaders et élites de demain, quelques secrets et techniques pouvant les aider à bien réussir avec succès et performance aux discours  et débats, préparés ou improvisés, qu’ils ont auront à tenir dans des domaines multiples.

Parole à l’improviste

D’aucuns n’oseraient s’opposer à ce que la prise de parole à l'improviste soit celle que la majorité des gens craint le plus. C'est-à-dire quand vous devez répondre à des questions devant une foule importante des personnes, lorsque vous aimerez donner votre point de vue, quand on vous passe la parole sans vous prévenir à la fin d'un repas ou encore quand on vous demande votre avis dans une réunion, un conseil ou une assemblée. En réalité, vous prenez la parole à l'improviste au quotidien. Au cours d'entretiens ou de conversations, vous avez à chaque instant à trouver quoi dire, quoi répondre, bref, à improviser. Certes, débattre est une lutte d’idées et l'art de la conversation inopinée est une merveilleuse école. On peut pratiquer cet art beaucoup plus souvent que celui de la parole en public, et il donne de bons réflexes. En effet, il est important que vous commenciez déjà à vous entraîner à l’exercice de l’improvisation, dès la famille. C'est-à-dire lors d’une réunion de famille ou entre amis, par exemple, choisissez un sujet au hasard et parlez dessus à tour de rôle pendant une ou deux minutes, de manière improvisée. Chemin faisant, vous aurez acquis un élan réparti et vivace d’esprit. Ensuite, élargissez cet élan à l’école comme à l’université avec des exposés et d’autres activités culturelles (théâtre, ciné-forum, poèmes, …).

Secrets pour un démarrage facile

La peur écrase du fait que l’on soit pris de court. Elle peut facilement vous ébranler, si vous n’y prenez garde. C’est le départ et les yeux des plus un participant sont rivés sur vous pendant que vous n'avez pas eu le temps de réunir et ordonner vos idées. La première des choses à faire, certes, c’est de prendre du temps pour démarrer. Contrairement à votre auditoire, Chaque seconde vous paraîtra un siècle, et vous donnera beaucoup de temps pour penser. Un silence de départ est une bonne prise de contact. Vous devez ensuite respirez. Cette respiration vous inspire et vous met au parfum de vos pensées. Mais évitez les abstractions. C'est-à-dire commencer par donner votre avis. Cela peut vous amener dans des idées dénuées et abstraites. Partez plutôt du concret avec vos connaissances. Nous vous invitons également à réfléchir à la suite votre intervention et, à faire participer rapidement l’auditoire, s’il est possible. C’est en effet le meilleur moment pour le faire et un excellent moyen pour gagner du temps, à la fois.


Vous n’avez rien à dire ?

Il est vrai que lorsque l’on vient à manquer quoi dire dans pareilles occasions, un vide se crée dans l’esprit, un suspens s’observe dans l’auditoire. Tout le monde attend de vous, un mot. Dans cette optique, les expériences antérieures recommandent de décrire ce que l’on ressent à cet instant même. Par exemple, on peut s’adresser à l’auditoire en ces mots : « Bonjour... quand on m’a accordé la parole, j’ai senti mon cœur battre plus vite que d'habitude. Ma respiration s’arrêter, mes mains légèrement moites, et je sens le poids de vos regards sur moi. C'est à la fois une chaleur, et comme une vibration qui vient de vous à moi et vice versa,… ». Cette technique est très utile, surtout dans des situations où l'on « ne sait pas quoi dire ». Ainsi, le blocage est dépassé, les idées reviennent, et l'on peut continuer. N'ayez pas peur de vos émotions et de vos sensations, les exprimer mettra l'auditoire de votre côté, mais à condition, de ne pas en exagérer. Une autre solution, si vous n’avez quoi dire, est celle de ne rien dire. Concentrez-vous sur le regard de l'autre, respirez tranquillement et appréciez le moment qui passe...
Lorsque vous vous ressaisissez, et que l’on vous pose une question inattendue, gardez votre calme et cherchez à bien la comprendre. Car, la compréhension d’une question est l’arsenal de la réponse ; ou encore, si vous n’avez pas bien saisi la question, exprimez-vous. Alors, votre interlocuteur fera de lui-même un effort afin d’expliciter davantage sa question. Et il vous sera bien plus facile à répondre.
Pour ne pas taper à côté de la réponse, rassurez-vous en reformulant la question. Honorer votre interlocuteur. Cela, en l’épargnant des formules choquantes lorsque vous répondez à sa question. Par exemple : « Vous n’avez rien compris ! ». Dites plutôt : « Je vous comprends ! ». Tenez, en répondant, employez plus des images et des exemples, des anecdotes. C’est ce qui marque le plus l’auditoire. Dès lors que vous aurez fini de parler, vérifiez que vous avez bien répondu.

Quelques conseils et pistes pratiques

Reconnaître son erreur ou sa béance est une des véritables sociales ou scientifiques. D’où, n’ayez jamais peur d’avouer votre ignorance. Cela est mieux que d’indisposer votre auditoire. Ainsi, préférez toujours la vérité aux spéculations stériles et mensongères. Si la question est trop longue à votre goût, n’hésitez pas à la fractionner en plusieurs questions. Ne parlez pas plus fort qu’un contradicteur. Utilisez les autres participants pour l’amener à la compréhension. Soyez concis et précis et prenez le temps de bien respirer. Cela favorise l’inspiration, et vous permet de réfléchir calmement à votre réponse.
Par ailleurs, améliorer vos conversations il faudrait développer l’écoute, l'empathie, l'enthousiasme, un maximum de mots d'or, la sincérité, l'attitude physique et le contact oculaire. De plus, étudiez les personnes avec qui vous conversez, trouvez ce qui les intéresse, est la procédure sûre. En outre, après votre conversation, faites un bilan en répondant à ces questions : De quoi êtes-vous satisfait ?
En quoi pouvez-vous vous améliorer ? Enfin, si vous vous découvrez des failles, tablez dessus et fixez-vous des objectifs progressifs. Relisez de temps en temps ce paradigme afin de vous rafraîchir la mémoire.


Vient de paraître dans numéro d'Avril de la Revue l'Avenir


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire