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jeudi 3 mars 2011

Quand le « pourboire » cause les tracasseries routières en RDC ? Par Augustin KASITA


 
Il est un des maux qui rythment et déciment la RD Congo en général et Kinshasa en particulière avec fracas : les tracasseries routières. Cette tare met la circulation sur la voie publique en effervescence. Cette situation se fait tellement inquiétante qu’elle mérite une attention soutenue, mieux une analyse foncière. Cependant, le bras de fer qui met quotidiennement en péril la circulation en RD Congo oppose la police routière aux chauffeurs. Cet état des choses a imposé aux congolais, depuis un certain temps, un nouveau rythme de travail. La fameuse expression « Le temps c’est de l’argent » n’a plus de contenu, vidé de son sens en RD Congo. Conséquence, les policiers de roulage créent les lois à leur guise, il n’y a plus respect de l’heure aux rendez-vous, au service, etc. En effet, cette présente réflexion nous offre l’aubaine de nous mirer en creusant pour repérer ce qui meut et alimente ce phénomène qui, sans cesse croisse. Nous chercherons à savoir pourquoi ce bras de fer entre chauffeurs et police routière perdure-t-il ? Quel en est le mobile? Enfin, par étude descriptive dudit phénomène, nous allons proposer un remède à ce maux et poser le primat des quelques perspectives.

Il est généralement admis qu’un véritable développement d’une nation est consécutif à la capacité physique et intellectuelle nationale. Cela implique le travail de l’exploitation et de la transformation des richesses nationales du sol et du sous-sol, à bon escient. Il se trouve à cet effet que le progrès d’une nation soit plus intérieur qu’extérieur. Cette dimension intérieure est dite « autofinancement ». En effet, le concept d’autofinancement est le fait pour une personne morale ou physique de se financer elle même sans ressources extérieures. Il est un mode de financement interne à  une nation : ce sont les ressources financières issues des initiatives et des activités nationales (promotion des sites touristiques nationaux, création d’une main d’œuvre artisanale nationale, de mise sur pied d’une structure administrative fiscale compétente et honnête : impôts, taxes, assurances). Ainsi, pour appliquer et respecter la loi sur les taxes : assurance-véhicule, vignettes, les autorités de tutelle chargent le service de la police routière. Curieusement, le constat est alarmant. Certains de ces agents de la police routière font piètre figure. C'est-à-dire, ils créent des infractions fictives, lesquelles les poussent à brutaliser les chauffeurs et, en fin de compte, ils ont de quoi assurer la survie de leurs familles. Ainsi, sur la voie publique la taxe se transforme au pourboire et crée le bras de fer entre chauffeur et policier routier. Ce spectacle odieux devient de plus en plus préoccupant d’autan plus qu’il n’y a d’issue. Pourquoi cette tare prend elle autant d’ampleur ? Qu’est ce qui dynamise cette pratique illicite ? Le congolais assure-t-il un contenu aux taxes ? Quelle stratégie peut-on appliquer pour guérir ce maux ? Ces interrogations nous servent de tremplin en vue d’une analyse radicale du phénomène.
Réalités quotidiennes
Il est certainement connu de tous que le congolais est à la merci de son histoire. Depuis l’époque coloniale, la taxe a été toujours pour lui une peine à purger. Cependant, ce voile d’ignorance crée l’esprit parasitaire dans le chef du congolais. Cela se déverse dans toutes les institutions économiques, politiques et militaires, précisément dans la police de brigade routière. Il suffit de sortir sur la voie publique pour s’en convaincre. N’ayant été instruit sur la notion, l’agent de la police routière trouve dans la taxe, sa survie (pourboire). Ce type d’agent de police routière a trouvé sa source de revenu facile. Il sied d’affirmer qu’en dehors des travaux d’asphaltage des routes,  ces tracasseries routières sont causées par « Madesu ya bana » ou pourboire. C’est dire que ces agents ont préféré le « pourboire » au contrôle de codes de la route, d’assurance et vignette. Ce geste de « Madesu ya bana » se pose en effet à travers la salutation extorquée à la ruse. Les policiers de roulage ont su développer ce mécanisme codifié afin d’opérer avec les chauffeurs. À première vue, on croirait que ces policiers congolais sont d’autant gentils que tous.  Loin de contrôler et protéger les chauffeurs, ils organisent des embouteillages, inventent des infractions afin de se faire de l’argent. Avec cet argent, ils se tapent le luxe d’organiser des ristournes leur permettant d’assurer le quotidien à leurs familles respectives. Il est clair que c’est la crise qui meut cette pratique. Car, il n’est plus à prouver qu’en RD Congo le travailleur est étranger au produit de son travail. Finalement, les policiers routiers vivent des mamelles des chauffeurs. Lorsque ces derniers ne s’accordent pas, la brutalité prend le dessus. Conséquence, pertes en vies humaines, échecs à des rendez-vous, embouteillages, retard aux services, etc. Face à cet état des choses, un silence des cimetières s’étend. Personne n’ose le décrier. Même alors, personne n’accepte le changement. Les autorités de tutelle se taisent. Le Congo est-il encore un Etat de nature ? Il n’est pas exclu que ladite pratique puisse déboucher sur des relations d’intimité entre une dame policière et un chauffeur. Question de noyer les deux bouts du mois, à tord ou à raison. Le chauffeur de son côté ne parvient pas non plus à s’acquitter de ses taxes (assurance, sa vignette) parce qu’il les trouve étouffant.
Les pistes de solution
Le peuple congolais doit savoir que la plus grosse erreur à éviter est de penser que l'autofinancement n'a pas de coût et qu’on développera son pays à sa place. Chaque méthode de financement a un coût qui est proportionnel à son risque. C'est donc une diminution du risque de faillite qui est souvent lié à un endettement trop lourd. Pour notre cas, la police de roulage est là pour assurer le respect et l’application de la loi. Pour ce faire, les impôts et les taxes que nous propose l’administration fiscale congolaise relèvent de notre devoir civique. Nous avons tout intérêt à nous en acquitter. Il n’est pas trop tard pour bâtir notre pays beau qu’avant, grâce à ces taxes et de ce fait, cesser d’envier les infrastructures des pays occidentaux. Prenons conscience de cela et appliquons le afin d’assurer les biens communs.
Cependant, pour mettre fin à ce bras de fer entre police de roulage et chauffeurs, nos dirigeants doivent être vigilants. Nous les convions à mener une campagne de conscientisation sur cette cause. Ils doivent bien rémunérer les militaires, fonctionnaires. Ils doivent assurer le bien être social de la population. Leur vigilance consiste aussi dans le suivi des différentes initiatives internes relancées. Ladite vigilance sera plus active dans leur capacité à reproduire pour un début, les idées et réalisations d’ailleurs. Certes, une des véritables méthodes qu’ils auraient pu appliquer consiste en ce que toutes les taxes et tous les impôts soient incorporés soit dans les biens de consommation et de production soit dans le carburant. Que l’administration fiscale congolaise et toutes les entreprises - employées tant dans le domaine de carburant que dans celui de production et consommation - soient unanimes à signer un protocole d’accord. Celui-ci portera sur le pourcentage des taxes (vignettes, assurances, …) à incorporer soit dans le carburant, soit dans les biens de consommation. Ainsi, un chauffeur qui s’approvisionne en carburant paie automatiquement soit sa vignette, soit son assurance. De même, une personne qui se procure du pain s’acquitte également de son devoir civique (Impôt). De cette façon, les agents de la police de roulage n’auront ni à se caser devant comme derrière les chauffeurs ni non plus à les brutaliser. Il est important de préciser que l’exécution de cette méthode sera un prototype approprié pour le changement en RD Congo. Car, elle facilitera la tâche à la fois aux chauffeurs et à la police de roulage. Sa mise en application aura guéri ce maux. Certes, payer sa vignette, son assurance paraîtrait une obligation et, cela se ferait de façon spontanée. Enfin, nous aurons atteint un réel changement entendu au sens du passage de la puissance à la réalité.

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